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Dossier spécial


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La charia

8 - Les structures de la charia


Introduction

La Charia vise à organiser et à structurer la société selon un projet global basé sur une philosophie du droit.

Pour les problèmes de proximité, les jugements sont rendus par les cadis (qâdi). Ils ne sont toutefois pas source de droit : pas d’effet de jurisprudence.


La charia est à des lieues de l'esprit de la démocratie où l'être humain a toute sa place.


8.1 - Une loi structurée en deux parties

1 - Al 'Ibadat

Qui concerne le culte (particulièrement les cinq piliers de l'islam) et contient les règles relatives à :

  • l'attestation de l'unicité d'Allah (Dieu) ;
  • la prière (Salat) ;
  • l’aumône et la charité (zakat) ;
  • le jeûne (ṣawm et Ramadan) ;
  • le pèlerinage à la Mecque (hajj).

2 - Al Mu'amalat

Qui concerne les interactions humaines et contient les règles relatives :

  • aux transactions financières ;
  • aux dotations ;
  • aux règles d’héritage ;
  • au mariage, au divorce et à la garde des enfants ;
  • à la nourriture et à la boisson (dont la chasse et les règles
  • d’abattage rituel des animaux) ;
  • à la guerre et à la paix ;
  • aux infractions pénales ;
  • aux affaires judiciaires (dont les témoignages et les preuves).

8.2 - Cinq catégories

La charia codifie l'ensemble des droits et des devoirs tant individuels que collectifs des musulmans et traite aussi bien les sujets d'ordres dogmatiques et spirituels, que sociaux et temporels et contient les prescriptions relatives à presque tous les aspects de la vie humaine depuis la naissance jusqu'à la mort, que ce soit la vie religieuse, politique, sociale ou privée.Ces prescriptions sont classées en cinq catégories. Ces catégories correspondent à cinq valeurs morales appelées al-akhām al-khamsa :

  1. Les obligations, désignées sous le terme de fard ;
  2. Les recommandations, désignées sous le terme de mandub ;
  3. Ce qui est indifférent ou licite.
  4. Les blâmables désignés par le terme makrûh ;
  5. Les interdits, désignés par le terme haram;

La distinction qui est faite entre les cinq catégories se fait sur leur exécution ou leur non exécution, qui est soit récompensée ou non récompensée, punie ou non punie.

Le tableau ci-dessous détaille les différentes catégories et leur statut par rapport à la charia.

 PrescritRecommandéIndifférentBlâmableInterdit
Exécution  récompensée récompensée  non récompensée non punie punie
Non exécution punie non punie non punie récompensée récompensée

Les actions prescrites se divisent elles-mêmes en obligations personnelles —fard al-'ayn— qui sont requises de la part de chaque musulman (prière et aumône par exemple), et les obligations communautaires —fard al-kifaya — qui, si elles sont faites par certains musulmans, ne sont pas requises des autres (les prières funéraires par exemple).
La charia permet de produire deux formulations : la connaissance de la loi (al hukm) et la fatwa.

8.3 - Deux formulations

1 - Hukm

Le Hukm (arabe : حُكْمُ pl. Ahkam) est une règle ou une ordonnance qui découle de la charia. Le terme désigne aussi un jugement rendu par un cadi (qâdi), qui est l’autorité vers laquelle les musulmans se tournent pour qu’un jugement conforme à la charia soit rendu. Ebrahim Moosa rappelle que hukm vient de la racine arabe hkm, qui signifie « retenir », « avertir » et que le terme hukm s’applique aussi aux découvertes d’un théoricien légal islamique quand il cherche à définir quelle est la valeur morale d’un acte parmi les cinq valeurs morales (al-akhām al-khamsa) existant dans la charia.

Le Hukm est caractérisé comme un jugement légal venant en complément des conditions mises en place par un madhhab et la doctrine associée.

Quand un juriste produit une règle pour un acte ou une situation particulière, le terme hukm est utilisé, plus particulièrement sous la forme de hukm Allāh (« règle de Dieu »). Le terme hukm est en fait employé pour décrire deux dimensions : le jugement métaphysique et le jugement empirique. Le hukm est une norme transcendantale dont le hukm empirique, donné par le juriste, est la manifestation temporelle. Moosa souligne également que le procédé de découverte de la charia et de la loi islamique est la conséquence d’une interaction complexe entre l’homme et le divin.

2 - Fatwa

La fatwa est un avis juridique donné par un spécialiste de loi religieuse sur une question particulière. En règle générale, une fatwa est émise à la demande d’un individu ou d’un juge pour régler un problème où la jurisprudence islamique n’est pas claire. Un spécialiste pouvant donner des fatwas est appelé un mufti. Différents muftis peuvent émettre des fatwas contradictoires. La fatwa est limitée à une période et un espace géographique, ou plutôt, un espace reconnaissant l’une des écoles d’interprétation. Ensuite, la fatwa pourra être confirmée, révisée, annulée, voire totalement ignorée par d’autres écoles d’interprétation.

Les fatwas étant produites par des muftis, celles-ci sont subjectives et dépendent de l'identité de la personne qui les émet. Elles peuvent parfois, en conséquence, être violentes, ce qui est notamment le cas de la fatwa rédigée à l'encontre de l'écrivain Indien Salman Rushdie qui, après la publication de son ouvrage Les Versets sataniques en 1988, a été littéralement menacé de mort par l'Ayatollah Khomeini. Les fatwas peuvent donc dans certains cas représenter une atteinte à la liberté d'expression et aux Droits de l'Homme.

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