Le cordon sanitaire

Le cordon sanitaire


1. Définition

 La liberté d'opinion et d'expression est l'une des premières libertés politiques et plus généralement des libertés fondamentales. Elle va de pair avec la liberté d'information. Le cordon sanitaire (censure) imposé  en communauté Française est son antithèse.

 

Le cordon sanitaire

C'est le nom donné en Belgique, au dispositif politique, médiatique et anti démocratique visant à éviter que des partis politiques qualifiés d'"extrémistes" ne se retrouvent dans une coalition au pouvoir.

Méprisant et ne respectant pas la déclaration universelle des droits de l'homme , l'application de celui-ci en Belgique représente un déni de démocratie.

 

En Flandre, cette pratique se limite à un accord entre partis démocratiques pour ne pas conclure de coalition avec le VB.

En Belgique francophone par contre elle a été étendue à certains médias, en particulier au service public (radio-télévision belge de la Communauté française).

2. Chronologie

Le premier accord interpartis flamands (écologistes d'Agalev, sociaux-chrétiens du CVP, socialistes du SP, libéraux du PVV et nationalistes de la Volksunie) a été signé le 10 mai 1989, mais a été dénoncé quelques semaines plus tard par Jaak Gabriels, Président de la Volksunie, bientôt suivi par le CVP et le PVV.

Le deuxième a été concrétisé par une motion du Parlement flamand|Conseil régional flamand le 19 novembre 1992, déposée par Marc Van Peel (CVP), Lode Hancké (SP), Edward Beysen (PVV), Jos Geysels (Agalev) et Jan Decorte (ROSSEM).

Un troisième accord, la Charte pour la démocratie,
a été adopté avant les élections communales et provinciales belges de 2000.

3. Un dispositif antidémocratique


Le cordon sanitaire est un déni de démocratie

Il ne respecte pas :

  • la déclaration universelle des droits de l'homme ;
  • la liberté d'expression ;
  • la démocratie (car cela revient à ne pas écouter le vote des électeurs).

En Belgique, le cordon sanitaire envers les mouvements nationalistes est très présent dans le paysage médiatique et politique francophone, là où la Communauté flamande a choisi de ne pas appliquer ce système sur le plan médiatique. Il est surréaliste de constater que les radios et télévisions publiques des deux communautés linguistiques ne bénéficient pas des mêmes règles déontologiques.

Pourtant d'après notre CONSTITUTION "tous les Belges sont égaux devant la loi"...


Ce dispositif antidémocratique est constitué de deux volets :
  • le volet "politique" : il n'est basé sur aucun texte législatif, seul des accords entre partis le maintiennent. Il consiste, pour les soi-disant partis "démocratiques", à éviter toute discussion ou coalition avec un parti qualifié par eux "d'extrémiste" et à le maintenir dans l'opposition ;

  • le volet "médiatique" : les médias doivent éviter de parler des partis "extrémistes" en termes positifs, ne pas donner la parole aux leaders extrémistes et mettre l'accent sur les éventuelles décisions judiciaires à l'encontre de ces partis.

4. Censure


Le "cordon sanitaire" a été ouvertement et fermement condamné par l'association
"Reporters Sans Frontières" (RSF).

emprisonneD'après Olivier Basille, directeur de RSF Belgique, l'un des points faibles de la liberté de la presse en Belgique reste le cordon sanitaire imposé en communauté française.


"Même s'il s'explique par un souci démocratique, pour le classement c'est perçu comme une forme de censure."

"En tant que télévision publique, il est du DEVOIR de la RTBF d’informer les citoyens belges du contexte politique national, tout spécialement en période électorale. Cette information passe bien évidemment par l’analyse des mouvements les plus extrémistes. Dans ce contexte, comme tout support médiatique, la RTBF ne peut être tenue responsable des propos tenus par des tiers sur son antenne, que ce soit en direct ou en différé. S’il appartient à la direction de la RTBF et à ses journalistes de se désolidariser des propos racistes qui pourraient être tenus à l’antenne, il ne leur appartient pas de les censurer",
a poursuivi Reporters sans frontières.

Il est INADMISSIBLE que les membres du conseil d’administration de la RTBF, tous désignés par les quatre principaux partis politiques francophones, puissent procéder à la "sélection des participants" d’un débat politique et intervenir à un tel niveau de détails dans l’organisation des émissions politiques.

Si tous les partis politiques doivent bien évidemment être invités aux débats politiques, exiger la présence de chacun d’entre eux comme condition nécessaire à leurs tenues est surréaliste et hautement contestable.

5. Classement de la liberté de la presse

 

La Belgique occupe la 21ème place au Classement mondial de la liberté de la presse en 2013, publié par l'organisation française Reporters sans frontières (RSF) sur son site internet.
La Belgique a perdu cinq places au classement de la liberté de la presse pour différentes raisons.

  1. La principale raison est le cordon sanitaire imposé en Communauté Française qui est une censure et une atteinte aux droits de l'homme.
  2. D'un côté un effet mécanique dû à la progression d'autres pays dans le classement, de l'autre, un climat tendu dû à la crise politique que le pays a traversée en 2010.
  3. Les 541 jours sans gouvernement ont été accompagnés de pressions sur la presse.
  4. Durant la crise, certains politiques ont refusé de s'y adresser.
  5. Celle-ci s'est également remise en question, en hésitant sur la nécessité de transmettre toutes les informations.

 

Il est indéniable que la presse belge sort de son rôle.

Le cordon sanitaire constitue une censure incompatible avec les standards démocratiques européens, de même qu'une diabolisation inacceptable des partis qualifiés d'antidémocratiques.

 

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